Mingalaba à tous !
Et bienvenus au Myanmar !! 😀 Par où puis-je commencer…? Je vous l’avoue, écrire cette introduction est une tâche qui m’a été difficile tant le Myanmar a été une vraie expérience de voyage et de vie. J’espère pouvoir au cours de cet article, et du mieux que je le puisse, vous conter ce que m’a apporté ce pays pour le moins curieux et envoûtant. Lorsque j’ai mis les pieds sur ce petit bout de terre, c’est en effet toute une culture qui s’est offerte à moi. Une culture qui m’a immergée dans ses traditions, qui m’a accueillie à bras ouverts avec des hommes, des femmes & des enfants d’une gentillesse immense. Une culture qui donne à ce pays une atmosphère fascinante et qui garantie une expérience atypique bien difficile à retranscrire.
Le Myanmar, pour ceux & celles à qui ce nom ne dit rien, est souvent plus connu sous son ancienne appellation : la Birmanie. Et on a là, d’ores et déjà, affaire aux joyeuses absurdités du Myanmar qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, et qui m’ont fait tant sourire. Il se trouve en effet que ce pays est gouverné par les superstitions et les astrologues, donnant lieux à des décisions importantes plutôt ubuesques. C’est ainsi que les dirigeants ont décidé un beau jour de renommer le pays et la plupart de ses villes et qu’ils ont, en 2005, créer de toute pièce et sans en avertir personne une nouvelle capitale du nom Naypyiadaw. Une curieuse capitale surdimensionnée et déserte. Au niveau de l’absurde toujours, on peut aussi citer le général Ne Win et ses décisions farfelues. Ce dernier ayant décidé, presque du jour au lendemain, et parce que son astrologue lui avait prédit que la droite lui serait plus favorable de changer le sens de circulation. On peut ainsi découvrir les Birmans roulant à droite, avec en prime le volant qui lui, en revanche, n’a pas changé de sens et est resté du côté droit. On ne manquera pas non plus de remarquer la circulation limitée à 48 km/h partout en ville… Voilà donc quelques exemples des joyeuses absurdités du pays. Des absurdités que l’on retrouve, bien plus souvent, dans les détails du quotidien et qui font partis du charme du pays.
Mais derrière ces croyances qui peuvent prêter à sourire, il ne faut pas oublier le contexte politique du Myanmar. Je passe dessus rapidement, mais le Myanmar a été gouverné jusqu’en 2011 par une dictature militaire arbitraire qui imposait sa loi. Le pays connaît aujourd’hui une transition politique mais la junte militaire a toujours une grande influence. Par ailleurs, le pays connaît, encore aujourd’hui, de nombreux conflits ethniques et notamment le génocide de la minorité Rohingyas. Une réalité importante et triste qu’il ne faut pas occulter mais qui ne doit en rien freiner l’envie d’aller mettre ses petits pieds dans ce pays longtemps replié sur lui-même pour découvrir la beauté de ses habitants, de leurs cultures, et des paysages Birmans.
En parlant des paysages, d’habitants, et de culture… Faisons-y un petit détour pour parfaire cette introduction :
Le Myanmar recèle de nombreux sites exceptionnels, dont le plus connu : la capitale antique de Bagan & ses nombreuses montgolfières qui s’envolent au levé du soleil. Mais ce n’est pas ces paysages qui m’auront le plus marquée dans ce pays. Ce qui m’a réellement surprise, c’est la différence, assez fulgurante, entre la Thaïlande développée, d’où je venais, et le Myanmar défavorisé, où j’arrivais. Les terres étaient, tout d’un coup, beaucoup plus arides, les rues bien plus sales, les constructions délabrées… Avec de nombreux villages faits de maison sur pilotis en bois où vivent des familles entières en autosubsistance.
Des paysages de vie qui, dès les premières secondes font ressentir le poids, lourd et qui donne à réfléchir, de la pauvreté. Mais des paysages qui, paradoxalement, font aussi le véritable charme du Myanmar. Là-bas, on a l’impression de remonter le temps, de ne pas être totalement au XXIè siècle, loin des grands buildings et du béton ambiant.
Et derrière cette réalité matérielle qui frappe au premier plan, on découvre, au second, la population du Myanmar. Ces gens qui ont toujours le sourire, qui font « coucou » à tous les coins de rues, et qui sont véritablement heureux de nous accueillir dans leurs pays.
Des gens qui donnent à leur pays une beauté chaleureuse et humaine.
Et puis, après les sites exceptionnels, après le charme des paysages arides, après ce peuple chaleureux, c’est toute la culture du Myanmar qui nous submerge petit à petit.
Parce que le Myanmar, c’est aussi et surtout la religion… Avec des moines bouddhistes qui nous sourient franchement, des temples qui fleurissent partout dans le pays, et des élèves-moines qui se promènent dans les villes, vêtus de rouge, d’orange et de rose.
Le Myanmar, c’est aussi ses habitants… Venant tous nous parler en Birman et que l’on sent si heureux qu’on finit par adopter la mode Birmane : on hoche la tête, et on dit oui avec un grand sourire. Même quand on ne comprend pas, juste pour le plaisir d’avoir partager un moment incompréhensible !
Le Myanmar, c’est ses traditions comme le cheerot, le bétel ou le thanakha… Le cheerot, c’est ce petit ou gros cigare fumé par les femmes birmanes. Le bétel, c’est une feuille tartinée d’une couche de chaux et assaisonnée d’un mélange de noix, d’épices et de tabac que les birmans mastiquent et crachent toute la journée. Laissant derrière eux un charmant crachat rougeâtre et ornementant ses consommateurs d’une haleine toute fleurie, et d’une dentition pas très glamour. Et le thanakha, véritable cosmétique birman, c’est aussi une crème solaire 100% naturelle. La pâte est obtenue grâce à des buchettes de bois frottées contre une pierre, dont les femmes s’enduisent le visage. Les quelques fois où j’ai pu l’arborer fièrement sur mes joues, j’ai eu le droit à une avalanche de sourire, et de « beautiful » de le part des birmans…
Des paysages de charme, de la chaleur humaine, et un bain de culture…Finalement, le Myanmar, c’est toutes ces petites et plus grandes choses qui font que le pays n’a rien perdu de son authenticité. Ce qui en fait une vraie expérience de voyage, touchante, bouleversante, émouvante, envoûtante.
Alors, c’est parti, on embarque pour la visite du pays à travers mon itinéraire, à travers sa gastronomie pas des plus savoureuses, avec mes compagnons de voyages sans qui le Myanmar n’aurait pas été le même, et bien sûr, je ne vous priverai pas des mésaventures de Coco qui ont été nombreuses !

avec, sur ses joues, un peu de Thanakha
A LA DECOUVERTE DU MYANMAR
La situation du Myanmar étant conflictuelle voire dangereuse à certains endroits, l’itinéraire touristique est plutôt balisé. Tout en longueur, la voie la plus classique est de remonter ou de descendre les sites qui vont de Yagoon l’ancienne capitale à Mandalay, la 2ème plus grosse ville du pays. En bonne touriste que je suis, j’ai donc suivi cette route, notamment pour m’éviter des trajets de bus inconfortables et d’une longueeeeur, les amis…
C’est entre ces deux villes que j’y ai découvert les plus beaux joyaux du pays comme le trek de Kalaw à Inlé ou encore Bagan. Un itinéraire chargé d’histoire, parsemé de temples tout du long, et imprégné par la culture bouddhiste. Il y a plein de choses que j’ai manqué, mais ça m’a permis de mieux m’imprégner du pays et de ses traditions… Alors c’est parti pour la découverte de cet atypique Myanmar. Mais n’oubliez surtout pas de bien attacher vos ceintures avant d’embarquer, parce que les bus là-bas, ils secouent !

Jour 1/2/3 : Hpa-An, l’immanquable et adorable ville d’arrivée lorsqu’on vient de Thaïlande
Bon, je me dois de vous dire que cette traversée de frontière terrestre était pour moi la toute première et la plus galère. J’étais en pleine errance au milieu de Thaïlandais qui ne parlaient pas un mot d’anglais, me disant déjà que j’allais devoir passer la nuit je n’sais où. C’est au bout d’un bon 45min que j’ai enfin trouvé la navette qui menait à la frontière. Je vous fait une confidence : heureusement que le GPS existe, sans lui, je n’aurai jamais trouvé cette fichue navette. Ouf ! Je finis enfin par traverser le fameux pont de l’amitié, qui relie la Thaïlande et le Myanmar. Maintenant, direction Hpa-An ! Une ville adorable, qui nous baigne directement dans la magie de la Birmanie, avec des paysages naturels et culturels somptueux.
Pour ma première journée de visite, et après m’être perdue, j’arrive à l’hostel où j’avais réservé un tour-visite en tuk tuk avec un groupe super sympa ! Au programme : la visite des grottes exploitées dans leurs moindres recoins pour le culte Bouddhiste. Et pour le détail un peu cracra, les grottes sont aussi le lieu de résidence des chauves-souris, on y marche donc pieds-nus dans leurs déjections fécales… Enjoy !
Le lendemain, c’est lever à 3h45 pour gravir la montagne Zwekabine avec une fille rencontrée en Thaïlande. Un vrai remake du Adam’s Peak que j’avais fait au Sri Lanka ! On monte moults marches pour admirer les plaines et le lever du soleil au sommet. Là-haut, un magnifique et grandiose pagoda doré nous attend. On y rencontre aussi un moine qui fait son show de radio et des Birmanes qui nous montre comment s’applique le Thanaka. On redescend de la montagne, non pas à cheval, mais avec des joues toutes maquillées. Au milieu de journée, on visite le Jardin Lombini qui est en fait un champs de Bouddha : à gauche, à droite, devant, derrière… Une véritable plantation ! On termine la journée par un spectacle atypique : perché en haut d’un rocher, on admire des millions de chauves-souris qui sortent d’une grotte en se suivant à la queue leu leu. Vraiment impressionnant !
Légendes photos : le champ de Bouddhas, un temple perché sur un rocher, la sortie des chauves-souris (la traînée noire sur l’eau), divers temples et paysages, une piscine birmane, et une femme faisant du Thanaka












Jour 4/5/6 : Yangoon, l’ancienne capitale
A Yangoon, j’y rencontre Aloïse avec qui j’ai partagé toute la découverte du Myanmar. Une nana à mourir de rire, que j’étais ravie de rencontrer à ce moment de mon voyage où j’avais envie de partager un peu plus que quelques journées.
Yangoon, c’est une des plus grande ville de la Birmanie. Elle contraste avec tous ces petits villages qui parsèment le pays. La vie y grouille de partout, avec des marchés de rue, des commerces de tout et n’importe quoi, des voitures à n’en plus pouvoir… Une grosse ville quoi ! Mais au cœur de cette grosse ville se cache la Pagode Shwedagon : une magnifique et gigantesque pagode dorée, dont les croyants font le tour, les bras chargés d’offrandes. On a pu y voir des dizaines de personnes prier, ou encore un étonnant moine qui méditait au milieu d’une foule immense. Sinon, à Yangoon, on y a surtout marché… BEAUCOUP marché ! Plus de 15km à pieds en un jour, je peux vous garantir que ça use les souliers. Mais grâce à cette longue marche, on a pu découvrir de nombreuses facettes de la ville et du mode de vie Birman, notamment avec son train qui fait le tour du centre-ville. C’est assez incroyable comme les quartiers de Yangoon changent vite. On passe de quartiers assez « riches » à des bidonvilles pleins d’ordures dans lesquelles les enfants jouent, le contraste est fort et saisissant. On traverse aussi de nombreux marchés de rues, qui vendent des fruits et des légumes en veux tu, en voilà. Vous commencez à connaitre mes faiblesses… Je n’ai pas pu résister à acheter mes petites bananes !
Légendes photos : pagoda Shwedagon, le moine qui médite, quelques vues de Yangoon (je m’excuse pour la piètre qualité des photos et vous renvoie vers mes mésaventures si vous voulez en savoir plus 😉 )










Jour 7 à 10 : trek de Kalaw à Inlé
On embarque avec Aloïse dans l’affreux bus de nuit qui nous fera arriver à 3h du matin dans la ville de Kalaw. Dans le bus, en rencontre Guido, un italien qui a toujours le mot pour rire et qui nous accompagnera pendant le Trek. On débarque donc au beau milieu de la nuit dans la toute petite ville de Kalaw. Frigorifiés par la clim’ du bus, le temps à Kalaw terminera de nous congeler. Heureusement l’hotel a prévu le coup avec d’énormes couvertures !
Après un bon somme et une journée de repos, on embarque pour trois jours de trek, entre Kalaw & Inlé, où l’on y voit des choses extraordinaires. Entre autre plein de choses, on a découvert de nombreuses plantations, comme celles de piments, de tabac, de gingembre ou encore de fleurs pour les offrandes. On s’est immergé dans la culture birmane en dormant chez l’habitant et dans un temple bouddhiste. Temple où on a d’ailleurs eu la chance de voire des élèves-moines faire leur prière en chantant. On en a aussi pris plein les mirettes avec des paysages sublimes et des villages typiques. D’ailleurs, pendant l’un des moments forts du trek, nous étions de passage dans un de ces villages où se déroulait une grande célébration. Notre guide, Kaka (interdiction de rire de son prénom !!) nous a expliqué que parfois, les villageois s’adonnaient à une sorte de concours qui ameutait toute une foule. Le but du concours étant de créer sa propre fusée et de l’envoyer le plus loin possible, le gagnant remportant un prix. Il y en aurait encore tellement à dire sur ce trek, mais je vous laisse continuer la découverte de celui-ci dans mes rencontres et mes mésaventures. Et je vous laisse aussi et surtout découvrir toute la beauté de ce trek avec les photos qui parlent d’elles-mêmes… 🙂
Légende photos : Kaka notre guide, paysages et personnes rencontrés en route, plateforme en bambou pour tirer les fusées, Kaka qui me met du Tanakha, tout le petit groupe du trek alias Kaka’s ducks















Jour 11/12/13 : le paisible lac Inlé
De la ville d’Inlé, j’ai d’abord, et bien sûr, découvert son lac sur une barque à la fin du trek. Ce lac est un lac immense, mais pas très profond, avec une grande histoire. Ses habitants, les Inthas, littéralement Fils du lac, s’y sont installés il y a bien longtemps en construisant leurs villages sur pilotis et en cultivant la tomate dans des jardins flottants. Ils ont aussi inventé une technique pour ramer unique au monde : les fameux pêcheurs qui rament avec les pieds ! J’ai aussi découvert le lac au coucher du soleil… Je peux vous dire que j’en ai vu pendant mon voyage des levers/couchers de soleil, mais celui-là les amis, il restera surement gravé comme un des plus beaux de mon voyage, voire de ma vie !
Sinon, à Inlé même, je n’ai pas visité grand chose. Je m’y suis surtout ressourcée en faisant quelques petites activités. Entre quelques tours de vélo ou à pattes, j’ai été me faire masser, et j’ai été voir un spectacle de marionnettes. Pour la petite anecdote, le marionnettiste en sueur à la fin du spectacle (c’est que ça a l’air d’être sportif !) nous a expliqué que les marionnettes existent depuis très longtemps dans le pays et sont une vraie tradition avec de grands concours organisés chaque année. Il avait appris son métier de son père, qui lui-même l’avait appris de son père. La tradition se perpétue ainsi depuis 1885. Aujourd’hui, il enseigne à ses 2 enfants, mais ils ont d’autres rêves en tête… A Inlé, je me suis aussi adonné à un cours de cuisine génial avec pour prof ThiThi avec qui on a fait le marché et qui nous a fait découvrir moult choses ! Bon… les mets birmans n’étant pas fameux, je ne me suis pas régalée mais j’ai passé un super moment aux fourneaux ! Un moment parfait pour terminer en beauté ce séjour dans ce coin de paradis.
Légendes photos : Arrivée à Inlé & couché de soleil, le marionnettiste et une de ses marionnettes, visite de temples, marché, notre chauffeur qui remet de l’essence dans son bateau, Thithi et moi qui cuisinons.















Jour 14 à 17 : l’antique Bagan
Il me faut encore une fois subir le supplice du bus birman pendant 8 heures, heureusement en bonne compagnie, avant d’arriver dans l’antique ville de Bagan : un vrai musée à ciel ouvert ! C’est quelque 4000 pagodes, temples et stûpas en briques rouges qui se dressent sur des kilomètres depuis le XIème siècle et qui ont vu de nombreux peuples et rois se succéder sur ce territoire d’histoire. J’enfourche donc mon scooter électrique tous les matins à 5 heures pour aller voir le soleil se lever sur cette ville d’un autre âge. Et pendant que le jour se levait, c’est aussi des dizaine de montgolfières qui s’élevaient dans les airs. Un spectacle magique, un vrai arrêt dans le temps et le quotidien. Ca vaut le coup de se lever tôt !
La journée, c’était balade de jour dans Bagan, toujours sur le scooter électrique dans les routes sableuses de la cité antique. Le e-bike revisité façon motocross ! 🙂 J’ai aussi fait une visite guidée. Et à en croire les histoires du guide, je suis persuadée que ce sont les Birmans qui ont inspiré Game Of Thrones ! Il se trouve en effet qu’un des rois de la cité a tué son père et son frère aîné afin de devenir roi. Débarrassé des nuisibles, la culpabilité l’a quand même assailli et c’est pour se faire pardonner et avoir un meilleur karma, qu’il aurait construit le plus grand temple de Bagan. L’histoire ne nous dit pas si cela a marché ou pas, mais la légende raconte que le temple est hanté la nuit…
Légende photos : Couchers / levers de soleil à Bagan, quelques vues et peintures des temples












Jour 18 à 22 : Mandalay & retour en Thaïlande
J’avais réservé un avion pour rentrer en Thaïlande… Parce qu’après ces dizaines et dizaines d’heures de bus cahoteuses, je ne me voyais pas refaire tout le sens inverse du pays en bus pour remonter toute la Thaïlande vers Chiang Mai. Non, non, non ! Plus de bus ! Mon séjour à Mandalay était donc un peu long car j’attendais le jour de mon vol… Mais j’en ai du coup profiter pour découvrir plein de choses !
En bonne touriste, j’ai commencé par les lieux les plus touristiques à savoir… Les temples ! Au cas où vous n’auriez toujours pas compris, en Birmanie, il y a BEAUCOUP de temples. Gare à l’overdose. Parmi ceux de Mandalay, deux auront marqué ma mémoire. L’un était un temple blanc magnifique. La cerise sur le gâteau de tous les temples Birmans. Et certainement un des plus beaux que j’ai vu durant mon voyage. Un autre, pour le moins original, est en fait le plus gros tas de brique du monde ! Oui, oui, je peux maintenant me vanter d’avoir vu le plus gros tas de brique au monde. Selon l’histoire, ce temple est la conséquence de la folie d’un roi qui a voulu construire le plus gros temple au monde mais qui est mort avant et a, en prime, ruiné le royaume. Et vive le roi ! Sinon, dans le classique lieux à voir, il y a le pont U’Bein, un pont en teck de plusieurs kilomètres, magnifique à voir au coucher du soleil, mais malheureusement noir de monde.
Ayant pas mal de temps à perdre, je me suis aussi perdue dans le marché de Jade. Car la Birmanie est un des plus grand producteur de Jade et les chinois viennent d’ailleurs directement se fournir dans le marché Birman. Il ne paye pas de mines à première vue, mais tous s’affairent à leurs commerces, à la taille des pierres, à leurs marchandages… C’est chouette de voir d’où viennent les pierres précieuses que l’on trouve en France. Et ce n’est pas du tout ce que l’on peut imaginer, un petit marché vraiment inattendu !
J’ai également été visité une non pas moins inattendue fabrique de feuille d’or. Et c’est incroyable ! D’une petite feuille coincée entre deux feuilles de bambous, l’artisan va frapper dessus pendant 1h pour l’élargir. Puis rebelotte, pendant 5 heures. La fabrique fabriquait aussi ses propres feuilles de bambous, un processus qui prend plus de 3 ans, rendant les feuilles d’or et de bambous extrêmement précieuses.
Et pour clôturer en beauté mon voyage au Myanmar, il ne me manquait plus qu’un spectacle de danse traditionnelle que j’ai été voir le soir ! Je me suis pointée une heure trop tôt, mais les danses qui demandaient des années de pratique étaient impressionnantes de souplesses et de flexibilités.
Légende photos : quelques temples aux alentours de Mandalay, dont le très beau temple blanc, vues aux alentours de Mandalay, vues du Pont U’bein, un travailleur de feuilles d’or, spectacle de danse

















DES METS PEU RAGOÛTANTS…
Bon, soyons francs… Si je recommande les yeux fermés le Myanmar pour la chaleur de ses habitants et la beauté de ses traditions, je ne recommanderai en revanche pas ce pays pour la beauté de sa gastronomie. Du gras, du gras, du gras… Je mangeais là de vrais fried rice sauce à l’huile ! J’étais pourtant déjà habituée au gras, la cuisine asiatique n’étant pas des plus diététiques. Il y a aussi dans la cuisine birmane des goûts étranges. Je pense notamment à la fameuse salade aux feuilles de thés, très réputée au Myanmar qui m’a laissée… perplexe. Bon, je dis que je ne le recommanderai pas pour sa gastronomie atypique, mais la vérité est qu’elle fait aussi partie du charme du pays. A table donc ! (Mais gare à votre cholestérol)
Le street food
Il n’y a pas à dire, le street food, c’est la ba-se ! Je disais que la gastronomie du pays n’était pas top, mais elle réserve quand même des petites pépites, surtout dans les restaurants de street food qui étaient, presque tous, excellents ! Je me rappelle notamment d’un repas que l’on s’est fait dans un bouiboui en plein milieu d’une route, qui ne ressemblait à rien, mais dans lequel on a été accueillies avec un florilège de petits plats. Les propriétaires du restaurant nous ont fait goûter à tous leurs mets, notamment le poisson grillé et des petites pâtes de sucres, qui étaient excellents ! Pour ne rien enlever au restaurant, ils étaient vraiment heureux de nous recevoir et aux petits soins avec nous. La street food, c’est bon, mais c’est aussi de beaux moments 🙂


Du gras, du gras, du gras…
Mis-à-part ces petites pépites des street food, lorsque je prenais les fameux fried rice ou fried noodles, j’avais le droit à une bonne couche de gras qui faisait reluire le plat. Appétissant… C’était le cas dans les petits restaurants ou encore dans les marchés de nuits où l’on pouvait trouver de quoi se rassasier le soir. Ou pas… Les bouchées à croquer que j’avais prises était tellement grasses que je me suis retrouvée avec de l’huile qui coulait jusqu’à mon poignet. Et je n’exagère même pas, c’est bien ça le pire ! Je vous laisse la photo en témoin : voyez-vous comme c’est fris, et comme ça brille ? Miam !


Les cours de cuisine, les goûts étranges….
J’ai aussi fait un cours de cuisine à Inlé, comme je l’avais dit précédemment, et malgré tous les plats qu’il y avait, il n’y en a vraiment qu’un seul qui m’a plu. Les autres avaient des goûts étranges, bizarres. En tout cas mon palais n’était pas prêt pour apprécier ces saveurs birmanes. Notamment la salade aux feuilles de thés. Il faut la goûter car c’est une spécialité du pays. Mais je ne vous en voudrais pas si vous ne terminez pas votre assiette…






Quelques encas typiques…
Dans les petits encas que j’ai eu l’occasion de goûter, il y en avait pour tous les goûts ! Du chimique, de l’épicé, des petites douceurs, ou des plus acides… Vous trouverez votre bonheur !
Pour le chimique, je cite la boisson énergisante que vous trouverez partout dans le pays et qui m’était même, et à ma grande surprise, distribuée dans mes voyages en bus. Avec brosse à dents et dentifrice en prime dans le petit paquet de bienvenue des bus. Allez donc comprendre… Sinon j’ai eu l’occasion de goûter aux piments séchés, qui ne sont pas si pimentés que l’on pourrait le croire. J’en ai même repris un (petit) croc ! Pour les mets un peu plus insolite j’ai mangé des… Fourmis rouges ! Pas bête comme moyen d’extermination des indésirables, mais extrêmement acide. Je n’en ferai définitivement pas mon apéritif. J’ai bien sûr gardé le meilleur pour la fin : la pâte de riz. Une pâte cuisinée à l’intérieur d’un bambou. Pâteux, mais pas mauvais, et ça tient bien au ventre !




Le meilleur pour la fin : le repas du trek
Les repas du trek étaient un vrai délice !! Cuisinés par des locaux, on avait devant nous une ribambelle de plats tous plus bons les uns que les autres. On mangeait le soir à la lumière des bougies, et après une grosse journée de trek, c’était un vrai régal que de partager ce repas en groupe. Malheureusement, ces repas m’auront valu quelque péripéties… Vous en saurez bien sûr plus si vous lisez la suite, mais pour lors, restons-en sur ces bonnes saveurs :


DE TRES BELLES RENCONTRES
Au Myanmar, j’avais envie d’un peu moins papillonner, de plus prendre mon temps, et de faire un bout de chemin avec les personnes que je rencontrai. Bouger tout le temps et rencontrer toujours de nouvelles têtes, ça a son charme, mais ça peut aussi être fatiguant, il est donc bon de se reposer un peu ! Alors les personnes que j’ai rencontrées en chemin n’étaient pas si nombreuses, mais avec elles j’ai fait un grand bout de chemin et vécu de superbes aventures.
Aloïse, Guido & Audrey
J’ai rencontré ces trois personnes à des moments différents du voyage, mais je crois qu’on peut dire qu’on a fini par former un groupe bien sympathique, à chacun faire notre voyage plus ou moins de notre côté, mais à toujours se retrouver de ville en ville pour des moments de découvertes et de rires ! 🙂
Aloïse est la première des trois que j’ai rencontré. Elle commençait son voyage à Yangoon et avait posté un message sur les réseaux sociaux pour rencontrer des personnes. J’y ai répondu et voilà l’aventure qui commençait ! La pauvre ne m’a pas rencontré le meilleur jour, il venait de m’arriver 2/3 bricoles et je n’en pouvais plus des transports birmans (ce n’était pourtant que le début…!!). Mais elle a réussi à me remonter le moral, parce que je vous assure que cette fille me faisait mourir de rire ! On a donc passé 3 semaines d’aventures ensemble dans des lieux et des situations plus qu’atypiques, parfois cauchemardesques ! De Kalaw à 3h du matin avec son froid arctique jusqu’au monastère avec ses WC éprouvants…. Je n’en dis pas plus, et vous garde la surprise pour les courageux qui liront mes mésaventures, mais je vous assure que le Myanmar avec Aloïse, c’était folklorique !
Guido, a Weirdo (= personne bizarre), comme il aime à se définir ! On l’a rencontré dans le bus menant à Kalaw. Lui aussi me faisait mourir de rire ! Guido le rigolo, toujours une phrase drôle à la bouche, jamais là où on peut l’attendre, naturel et spontané… J’ai adoré faire sa rencontre et adoré les moments passés avec lui. En plus, il nous a bien servi, puisqu’on est arrivé à 3h du matin à Kalaw et on ne pouvait prendre la chambre qu’on avait réservé avec Aloïse qu’à 10h du matin. Guido nous a sauvé du froid polaire puisqu’il ne savait pas où dormir et qu’à l’hôtel ils avaient une chambre triple immédiatement disponible. On a donc réservé l’autre chambre, plus on est de fous, plus on rit, et mieux on est lotis !
Quant à Audrey, je l’ai rencontrée parce qu’on était dans la même chambre d’hostel à Bagan. On a donc partagé de longues conversations et de longues virées en scooter électrique au milieu des temples, aux couchers et levers du soleil. Des moments magiques comme ceux-là, on n’oublie pas avec qui on les vit !




Kaka & le groupe Kaka’s Ducks
Le groupe était bien entendu composé d’Aloïse et de Guido, mais aussi d’un couple Danois (la maman et le papa du groupe), un autre couple venait d’Israël, encore un autre venait de Londres et faisait un tour du monde, et bien sûr, il y avait Kaka, notre super guide ! On a donc passé trois jours tous ensembles à arpenter les plaines du Myanmar dans un trek superbe. Pour la petite histoire du nom de notre groupe, c’est lors d’une des nombreuses histoires que Kaka nous racontait que nous l’avons choisi. Kaka nous faisait en effet constater que les canards n’étaient pas très doués : ils savaient marcher, mais à moitié ; ils savaient nager, mais à moitié ; ils savaient voler, mais à moitié. On s’est donc auto-proclamés les Kaka’s Ducks (= les canards de Kaka)
Kaka était un guide très curieux qui aimait beaucoup son métier, la nature, qui nous a montré des grosses araignées pour le plus grand bonheur des arachnophobes et qui nous expliquait tout un tas de choses sur son pays. Il était super chouette, tellement chouette que je n’ai pas osé lui dire ce que son nom voulait dire en français ahah ! Lucky I was, il m’a appris plus tard qu’il le savait déjà.
Je garde en tête la première soirée du trek qui restera un des plus beaux souvenirs de mon voyage. On était tous assis autour du feu après dîner, dans une maison en bois sur pilotis typiquement Birmane, avec le chat qui passait entre nos pattes et s’affalait sur nous. Et Kaka a commencé à nous conter des histoires birmanes, notamment celle de son village Bao. Je n’ai pas saisi tous les mots, mais voilà ce que j’ai compris : selon la légende, un homme voyait régulièrement une jeune fille au bord d’un lac qu’il trouvait magnifique. Un matin, il a pris son courage a deux mains et l’a enfin abordée. Il allait la voir souvent au lac, et un beau jour, les deux protagonistes se sont mariés. Ils vivaient dans une grotte d’amour et d’eau fraîche, résidants toujours au bord de ce lac. Les années passaient et la jeune femme tomba enceinte. Son mari, aux anges, allait tous les jours chercher des ravitaillements pour sa dulcinée. Mais un après-midi qu’il rentrait plus tôt, il l’a vue se transformer en dragon… Effrayé, il est tout de même rentré chez lui, dans la grotte, l’air de rien, et sans poser de question. Il est reparti le lendemain pour chercher des ravitaillements, toujours l’air de rien. Mais pris par la peur, il s’est en fait enfui, abandonnant la jeune femme enceinte ! La pauvre restant seule a accouché de deux œufs, mais maintenant célibataire, elle ne savait pas quoi en faire. Alors elle a été donner ses œufs à un moine qui les a adopté en attendant de voir qu’est-ce qui allait en éclore, car les œufs étaient de deux couleurs différentes : l’un était blanc, l’autre noir. Les jours passèrent et les œufs ont fini par éclore. Le blanc donna naissance à un homme et le noir à une fille. Et, depuis ce temps, ces couleurs sont restées importantes pour les Bao. En effet, selon leurs croyances, les Bao descendent de l’union de cet homme et de cette dragonne. Les habits traditionnels sont donc influencés par cette légende à laquelle ils croient toujours. C’est ainsi qu’on voit plein de femmes habillées de noir en l’honneur de leur œuf, avec 5 couches pour représenter les 5 couches de la peau du dragon, et elles enroulent autour de leur tête un turban pour représenter les cornes du dragon…



LE VOYAGE DES JOYEUSES GALERES
Oh lala, si vous saviez… Le Myanmar est certainement le pays où il m’est arrivé le plus de pépins ! Drôles, moins drôles, déroutants, insolites… Le pays m’en a fait voir de toutes les couleurs. Du début jusqu’à la fin, le karma ne m’a pas laissée tranquille. Non, non, non, il avait trouvé là une bonne gugusse à se mettre sous la main. S’il y a des dieux de la malchance qui existent, ils ont dû mourir de rire là-haut ! Mais c’est ce qui fait les bons souvenirs du voyage, et je me suis surpassée d’adaptabilité et de patience sur ce coup. On ne soupçonne pas à quel point on peut s’accommoder de tout. Et je vous invite donc à venir galérer un moment avec moi dans la joie et la bonne humeur… 🙂
Le passage de la frontière
Eh oui, quand je vous disais du début jusqu’à la fin, ce n’était pas un euphémisme ! Je n’étais même pas encore arrivée dans la première ville de mon périple que, déjà, ça commençait. Installée tranquillement dans le bus avec ma boisson énergisante (vraiment, cette boisson distribuée au début des trajets reste pour moi un mystère), je regardais les paysages arides passés, quand soudain le bus s’est arrêté au beau milieu d’une route… Pause pipi ? Chouette ! Je commençais à ne plus pouvoir me retenir. Alors j’imite les femmes qui vont se cacher derrière un buisson pour faire leurs besoins. Bon, mais la pause pipi commence à durer sacrément longtemps… Je comprends au bout 30 minutes qu’il y a un pépin. Le bus est tombé en panne + il faut qu’ils changent le pneu crevé. Mais point d’inquiétude, le pépin va vite être réparé. C’est vrai quoi, ils ont l’air de vrais mécanos, avec leurs t-shirts tâchés de suie noire et leurs outils à la main, ils doivent avoir l’habitude ! Une heure passe… Deux heures passent… Trois heures… Les hommes s’affairent toujours à la réparation, ils ne sont finalement pas si habitués que ça. Les femmes sortent du bus et discutent entre elles, mais elles ne parlent pas un mot d’anglais, alors les échanges sont difficiles. La nuit tombe sans éclairage… Pourvu que les lampes torches ne tombent pas, elles aussi, en panne !! Je commence à m’inquiéter d’arriver dans une ville inconnue et dans un pays que je ne connais pas encore en pleine nuit, mais j’arrive à expliquer par des gestes que j’aimerais appeler mon auberge pour les prévenir du retard. Le temps passe, et finalement, quelques heures plus tard, on est enfin repartis ! Bon, l’avantage étant que j’ai presque appris à changer un pneu de bus, on sait jamais, ça peut servir. J’arrive à 00h dans la ville d’arrivée, au lieu de 18h/19h prévue au départ, mais aucun autre pépin sur la route. Ouf, enfin ! Il est temps maintenant de passer une bonne nuit 🙂

L’Odyssée électronique
Et le 3ème jour, patatra, mon appareil photo fait un mauvais salto et tape contre le scooter en plein jardin de Lombini, et donc en plein champ de Bouddha (si c’est pas le karma ça…) et… Noir total ! L’objectif de l’appareil est HS. Expliquant donc la piètre qualité des photos du début. Un peu triste, j’essaye de relativiser en me disant que ça me permettra de découvrir les diverses fonctionnalités de mon téléphone (on fait comme on peut hein…).
Je me dirige ensuite vers Yangoon, la plus grande ville du pays, en me disant que je trouverais bien un nouvel objectif quelque part. Mais le karma n’en avait pas fini avec moi. En arrivant à la gare routière, tous les taxis mes sautent littéralement dessus ! Je diffère pour me laisser le temps d’arriver mais ils ne me lâchent pas d’une semelle, il y en a même un qui aura le toupet de prendre mon sac-à-dos pour acter le fait qu’il allait être mon taxi. Mais bien sûr ! Je m’énerve un peu parce que ces messieurs commencent à me courir sur le haricot. Je choisis finalement mon taxi, monte dedans, et le chauffeur me dit d’attendre. J’attends… Puis, sans comprendre, quelqu’un vient me voir en disant que ce serait un autre taxi qui m’emmènerait. Bref, un vrai joyeux bordel !! Et dans l’agitation de tous ces taxis, j’en ai perdu mes supers écouteurs qui n’étaient pas donnés, et en prime, je gagne un chauffeur qui ne sait pas où il va… Aujourd’hui j’en rigole, mais sur le coup, c’était la goutte de trop. C’était en plus le jour où j’ai rencontré Aloïse qui, la pauvre, ne m’a pas rencontrée de très bonne humeur !
S’en suit, les jours d’après, une course folle dans Yangoon pour retrouver des écouteurs et un objectif photo. Pour ce qui est des écouteurs, ça a été plutôt facile, et dans un magasin super chouette en plus. En revanche, l’objectif, ce fût une autre pair de manche ! Avec Aloïse on a marché des kilomètres et des kilomètres pour trouver des boutiques d’électroniques. Toutes les boutiques possédaient mon objectif mais ne le vendaient qu’en kit avec l’appareil photo. Je repartais donc toujours bredouille. Jusqu’au dernier jour sur place où j’ai décidé de refaire un tour in extremis. Sur les conseils d’un vendeur, je tombe enfin sur LA boutique qui me fournira le Graal. Alléluia ! Et figurez-vous que LA boutique se situait à 10 minutes de l’hostel… Si c’est pas comique ça ! Tous ces kilomètres marchés pour un objectif trouvé à 700m de l’hostel. Bon, au moins, ça nous aura permis de visiter la ville en long, en large et en travers ! 🙂

Bêbête n°9 : le retour des poux
A Yangoon toujours, parce qu’un malheur n’arrive jamais seul, ma tête a recommencé à me gratter… C’était bel et bien le retour des poux, ces affreux qui avaient élus ma tête pour domicile depuis la Thaïlande. Alors je profite de ma course folle pour essayer de trouver un produit pharmaceutique anti-poux. Sauf que les poux là-bas, ça n’a pas l’air de les ennuyer plus que ça. Aucune pharmacie n’avait de produit anti-poux ! Je retourne donc au supermarché, pour m’acheter vinaigre et huile, et c’est reparti pour me faire un shampoing à la vinaigrette tous les 3 jours pendant 3 semaines ! Sans oublier bien sûr la charlotte hermétique, pour un total look poux !

Le trek de la muerte
On m’avait prévenu pourtant : s’il y a un pays où on tombe malade en Asie, c’est le Myanmar. Et moi de répondre : « mais non, tranquille, ça fait 4 mois que je voyage sans être tombée une seule fois malade, mon estomac est habitué, et puis, j’ai mon super steripen pour désinfecter l’eau ». Tu parles ! Mon estomac attendait en fait le pire moment de mon voyage pour me faire tomber malade. SURPRISE ! : « C’est moi, la tourista qui débarque au matin de ton 2ème jour de trek, là où tu n’as pas de toilettes, et où tu devras marcher toute la journée en ayant mal au ventre. Sans médicaments bien sur, sinon ce ne serait pas drôle ! Eh oui, j’ai bien calculé mon coup, je sais bien que c’est la seule fois où tu ne les as pas pris avec toi eheheh! »
Je me suis donc résignée à ne manger que du riz le deuxième jour malgré la ribambelle de plats plus délicieux les uns que les autres (bon, j’avoue, j’ai aussi mangé un peu de potiron et de bananes, parce que j’aime trop ça)… Mais ça n’a pas suffit. Mon estomac avait encore envie de faire des siennes. Et v’là ti pas que Coco se réveille à 2h, puis à 3h, puis à 4h du matin, avec des maux de ventre atroces. V’là ti pas que Coco doit sortir de sa couette bien chaude toutes les heures pour affronter le froid nocturne et faire toooout le tour du monastère pour trouver les toilettes à la turque. Bon, étant donné que j’étais vouée à y passer une bonne partie de la nuit, j’ai choisi ma toilette avec minutie. Je me souviens, c’était la deuxième en partant de la droite. Il y avait deux araignées dedans, et des petites fourmis qui s’affairaient à ramener à manger. Une toilette pleine de vie !! Et bien sûr, merci maman et le décalage horaire qui m’auront permis d’affronter cette nuit mémorable au téléphone, au moins une fois par heure. J’étais au bout de ma vie, en pleurs, fatiguée, mal au ventre… La nuit fût bien longue !
Le lendemain arriva enfin et c’est le ventre vide que j’ai dû marcher 15km sous le soleil. Nos capacités dépassent parfois notre imagination ! Mais quand même, heureusement que c’était le dernier jour. Le lit et la douche de l’auberge, les médicaments de mon sac-à-dos, ils étaient tous plus que les bienvenus… Une bonne nuit de sommeil bien méritée m’attendait !
Une dame étrange…
J’ai eu beaucoup de chances pendant mon voyage. J’en ai fait des tonnes d’hostel, et pas une seule fois je suis tombée sur des situations étranges ou des gens enquiquinants. Il y avait bien des gens qui ronflaient, des gens un peu bizarres mais qui ne parlaient pas donc qui n’étaient pas plus dérangeants que ça, mais c’est tout ! Sauf cette fois, à Bagan, où je suis tombée sur la mamie la plus étrange du monde…… Appelons-là Mme. Strange, pour faciliter la narration de cette histoire un peu longue.
Tout commence le premier soir à Bagan. J’arrive à 20h dans la chambre et Mme Strange est déjà dans le lit, sous la couette, en train de dormir. Il est un peu tôt mais soit, pourquoi pas… Peut-être est-elle en plein jetlag, qui sait ? Je prends donc mes précautions pour m’installer sans trop faire de bruit. Je fais ma petite vie en dehors de la chambre jusqu’à 22h/22h30, et y reviens, pressée de prendre une bonne douche. Je vais donc dans la salle de bain et que vois-je…?
Mme. Strange qui dort dans la chambre depuis 20h a jeté ses protections hygiéniques pour fuites urinaires DANS les toilettes ! Non mais… Petite parenthèse. On en parle ? Que de base, on ne jette pas de protection hygiénique dans les toilettes. Mais alors encore moins en Asie où on ne peut même pas jeter le PQ dedans sous peine de boucher les toilettes ! Et pas d’excuse pour ne pas le savoir : il y a des écriteaux partout pour nous le rappeler. Bon, mais moi un peu bêtement, j’enfonce le clou et je tire la chasse d’eau pour essayer de faire partir la protection. Et c’était à prévoir, l’eau remonte jusqu’à la cuvette : je viens de terminer de boucher les toilettes ! Je ne vais pas mettre mes doigts là-dedans hein alors je vais pour prévenir l’accueil, sans oublier de regarder comment dire « boucher » en anglais. Bah oui… C’est pas un mot qu’on utilise tous les jours, pourtant il peut s’avérer bien utile ! Alors une fois à l’accueil « Hum… Excuse me ma’am, toilets in my room are clogged because someone threw something in it ! » . La dame de l’accueil appelle l’homme à tout faire et je les conduis à ma chambre. Une fois arrivés, j’ouvre la porte doucement pour éviter de réveiller Mme. Strange, mais celle-ci sort tout de même de son sommeil et nous adresse la parole en disant « Excuse me… It’s a female dorm here » (Excusez-moi… C’est en dortoir pour filles ici). Comprenant sa confusion de voir un homme dans la chambre alors qu’elle émerge tout juste, je m’aventure à lui expliquer que les toilettes sont bouchées, expliquant qu’un homme vienne dans la chambre pour régler le problème. Et elle de renchérir « This is not my problem ! It’s a femal dorm here » ! Les bras m’en tombent. Bah… En fait… Etant donné que c’est toi qui a bouché les toilettes en jetant tes serviettes hygiéniques dedans… Si, c’est un peu ton problème, parce que c’est ce monsieur qui répare tes conneries du coup. Bref ! Voilà un peu la cocasserie de cette Madame.
Mais ce n’est pas fini ! Le lendemain, avec Luana, une fille qui dormait dans la même chambre, on met notre réveille à 5h du matin pour partir voir le lever de soleil. On se réveille donc en faisant le moins de bruit possible pour nous préparer et en n’allumant que nos lumières frontales. Mais on réveille quand même Mme Strange qui nous demandera quelle heure il est. Et elle nous le demandera 3 nuits de suite avec insistance, en nous engueulant à moitié si on ne sait pas lui donner l’heure. Et ce, à chaque fois qu’on se réveillera, même si ce n’est que pour aller aux toilettes, réveillant toute la chambrée au passage ! Luana m’a appris aussi qu’elle dormait nue (ce qui est plutôt malaisant dans un dortoir, même si c’est un dortoir de filles !), et qu’elle avait tripoté un sac plastique toute la nuit. La curiosité est un vilain défaut, mais dans l’après-midi, profitant qu’elle ne soit pas là, on n’a pas pu résister d’aller fouiner dans le sac qui était posé bien en évidence sur son lit… Quelle ne fût pas notre stupeur quand on découvrît 3 doudous de nourrissons, vieux et sales, dans le sac. Sac qu’elle tripotait toute la nuit !
On a quand même bien rigolé avec cette histoire, fantasmant que les doudous étaient des poupées vaudous pour nous obliger à aller aux toilettes la nuit pour qu’elle puisse obtenir l’heure etc, etc… Il nous en est passé des choses par la tête ! Je n’ai eu qu’une mésaventure dans mes hostel, mais elle valait bien le coup !

La police touristique de Bagan
J’arrive la veille à Bagan, et Aloïse m’informe que le lendemain elle va aller voir un lever de soleil avec un groupe, qui lui a vendu « le plus beau lever de soleil de Bagan » ! Donc allez, carrément, le lendemain j’embarque avec eux sur les e-bike. On est une petite bande de 10 à se suivre à la queue-leu-leu en scooter électrique, à slalomer entre les temples. C’était la première fois que je mettais les pieds dans la cité antique. Il était 5h du matin, il faisait nuit noire, je ne voyais pas où je mettais mes roues, mais je suivais assidument le groupe. On arrive devant un temple où tout le monde se gare. En bon mouton, je me gare aussi, ne comprenant toujours pas bien où on allait ni ce qu’on faisait. Et je vois tout le petit groupe rentrer dans un des temples. Je comprends alors qu’on va monter sur le toit du temple assister au lever de soleil !!
Pratique encore autorisée il y a quelques années, elle est maintenant interdite et tous les temples sont censés être fermés. Il y en a cependant encore quelques uns qui restent accessibles. Mais gare à vous les claustrophobes, car pour monter au sommet du temple, il faut passer dans des couloirs d’à peine un mètre de haut, et pas franchement plus large. Une fois perchés en haut du temple, on est un peu hors-la-loi, mais la vue sur le lever de soleil avec les montgolfières qui s’envolent vaut franchement le coup. Jusqu’au moment où… On voit en bas la police touristique qui nous somme de descendre du temple !! Oops, la boulette ! On descend donc sans opposer de résistance, bien que quelques uns en profitent pour faire des dernières photos. Arrivés en bas, la police nous prend en photos en gros plan. On n’a jamais bien su pourquoi, mais on s’est vite dépêchés d’enfourcher nos scoots et de nous sauver !!

Bêbête n°10 : le retour du cauchemar
A Mandalay, je rejoins Aloïse et Audrey dans leur hostel. Je suis accueillie par Aloïse qui me montre ses piqûres aux pieds en me disant « Je suis sûre qu’il y a des punaises de lit ! Il faut que je trouve des congélo pour mettre toutes mes fringues ! ». Et moi d’essayer de la (et me) rassurer en disant qu’il y a peu de chances que ce soit des punaises de lit, vu tous les moustiques qu’il y avait dans les chambres ! Mais j’ai quand même remarquer cette petite affiche qui indiquait « jeudi, de 11h à 16h : désinfection des chambres contre les nuisibles ». Ah… Bon, dans le doute, je vais quand même vérifier sous mon matelas hein ! Rien… Ouf ! Le soir, je me glisse dans mon lit, devant un Walt Disney, tranquillou, et au moment où je commence à fermer les yeux… Qui est-ce que je vois marcher dans le plus grand des calme sur mon lit ? Une punaise de lit !! Et oui, encore !! Ni une, ni deux, j’envoie un message d’alerte à Audrey et Aloïse : « MAYDAY ! Les punaises de lit sont bel et bien à l’hostel ! ». Je prends mes clic et mes clac, vais à la réception de l’hostel en leur disant que j’ai vu une punaise et que je souhaite quitter l’hostel. Très compréhensifs, ils me remboursent les nuits et me permettent d’appeler l’hôtel que j’avais repérer. Je pars donc à 23h du soir vers mon nouvel hôtel, tout en manquant de me faire attaquer par des chiens qui m’aboyaient dessus et me suivaient. Tremblante, j’arrive quand même indemne à l’hôtel. Bien plus confortable d’ailleurs, et avec un petit déjeuner tip-top caviar. Je n’aurais pas penser dire ça un jour, mais merci les punaises ! Par contre, la pandémie de covid-19 commençait sérieusement à faire parler d’elle, et je me suis retrouvée avec 2 chinois dans ma chambre. J’étais pas sereine, sereine…

Sur ces mésaventures pleines de rebondissements et d’adrénaline, je quitte le Myanmar plein d’étoiles dans les yeux, de rires, et de moments forts, pour retourner en Thaïlande le temps de quelques semaines.
Ce n’est que pour mieux attendre le Laos : un pays aux paysages splendides et à la population flâneuse. J’ai hâte de vous faire découvrir la beauté de ce nouveau pays dans mon prochain article.
C’est donc avec des coucous 👋 des petits écoliers Birmans, entre Inlé et Kalaw,que je vous dis à bientôt…

Merci pour cet article très intéressant sur la Birmanie ! Il nous rappelle de beaux souvenirs de notre séjour dans le pays, en novembre dernier, dans le cadre de notre tour du monde 🙂
Nous avions notamment fait étape dans l’étrange capitale de Naypyidaw. Si vous voulez en apprendre davantage à son sujet, n’hésitez à aller jeter un oeil à notre article sur le sujet : https://ilsvoyagent.fr/nos-trois-semaines-en-birmanie/
Bonne suite de tour du monde ! Et au plaisir de lire vos prochains carnets de voyage.
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